Diplomatie américaine : comprendre les choix d’Obama II (publication)

ImageLa revue trimestrielle « Politique étrangère » de l’Institut français des relations internationales (Ifri) propose dans son numéro estival (vol. 78, n° 2, paru le 20 juin 2013) un riche dossier consacré aux « choix d’Obama II », dirigé par Laurence Nardon, responsable du programme États-Unis de l’Ifri. Les lecteurs y trouveront cinq articles traitant des grands thèmes stratégiques qui occupent la diplomatie américaine en 2013 : Le « pivotement » vers l’Asie-Pacifique, la gestion des brûlants dossiers du Proche-Orient, le nouvel engagement de Washington en Afrique, l’avenir des relations transatlantiques, les effets de l’exploitation des hydrocarbures « non conventionnels » sur la relance de l’économie américaine et sur son positionnement géopolitique. Pour ma part, j’ai l’honneur de signer un article intitulé « Washington et le Proche-Orient : le jeu des nuances » dans cette revue de référence, aux cotés de quatre auteurs dont les analyses, de haute tenue et complémentaires, offrent un panorama éclairant de l’action américaine dans divers domaines et aires géographiques.

La reconduction de Barack Obama à la Maison blanche coïncide avec un contexte proche-oriental particulièrement troublé par les répercussions des révolutions arabes et de la guerre insurrectionnelle en Syrie, susceptible d’ouvrir la voie à des dénouements encore plus inquiétants. Le président Obama doit, depuis janvier, s’atteler à réanimer le processus de paix israélo-palestinien, à trouver une issue à une guerre en Syrie qui a commencé à se régionaliser, à reprendre des négociations avec l’Iran qui n’ont jusqu’à présent abouti à aucun progrès, sur fond de polarisation accrue de la région, avec des nations arabes à cran et plus que jamais divisées sur ces trois problématiques. En quatre ans, le champ politique proche-oriental s’est complexifié du fait de l’augmentation du nombre d’acteurs impliqués, d’intrigues, de luttes de pouvoir et d’intérêts économiques entremêlés. Il en résulte une montée des haines et des tensions, aggravées, de surcroît, par la confessionnalisation du conflit syrien, qui déborde sur sa périphérie.

2013 a commencé comme l’année de tous les dangers mais également comme celle des derniers espoirs. Le président Obama a encore du temps devant lui pour convaincre les plus sceptiques et les grands déçus de son précédent bilan, mais a(ura)-t-il les coudées franches et assez de courage et d’imagination pour ramener Israéliens et Palestiniens à la table des négociations et pour éviter une confrontation directe des deux grands axes régionaux dont la fracture n’a jamais paru aussi profonde ? Cet article met particulièrement l’accent sur le dossier israélo-palestinien et sur l’immense déception des populations arabes qui espéraient, après le discours du Caire, un renouveau ou une approche plus audacieuse de la part du président américain au cours de son premier mandat. Seront-elles exaucées durant cette seconde manche ? Reste-t-il des raisons d’espérer ? L’article explore les possibilités et les écueils, internes et externes, qui se dressent sur le chemin de l’équipe Obama II depuis sa formation. Les deux autres dossiers incontournables de la région (le nucléaire iranien et la guerre en Syrie) sont, bien entendu, abordés dans cette analyse. Dans un contexte instable où un certain nombre d’événements sont survenus entre le début de la rédaction de l’article et la mise sous presse de la revue, il est intéressant de constater que la majorité des dynamiques et tendances dures observées ou décelées, de même que les hypothèses étayées dans cette analyse depuis l’investiture du président, restent de mise ou non pas été formellement contredites. Leur nature et leur ampleur tendent à démontrer que la surenchère verbale aux relents guerriers à laquelle se livrent les acteurs proche-orientaux et occidentaux, à défaut de décroître, ne les pousse pas (encore) à perdre pied avec la réalité.

Chady Hage-ali

Stratpolitix

Résumé de l’article en français et anglais :

Washington et le Proche-Orient : le jeu des nuances

Au cours du premier mandat de Barack Obama, la politique proche-orientale américaine a suscité beaucoup de déception, en particulier chez les Palestiniens. Le président américain entend désormais jouer un rôle plus actif dans la région, où les dossiers sensibles ne manquent pas, du nucléaire iranien à la guerre civile en Syrie en passant par le conflit israélo-palestinien. Il pourra compter sur l’aide de John Kerry qui a remplacé Hillary Clinton au poste de secrétaire d’État.

Washington and the Middle East: Changes to Come?

Abstract : During Barack Obama’s first term, the United States’ Middle East policy generated a lot of disappointment, especially for the Palestinians. The US president intends to play a more active role in the region, working on issues such as the Iranian nuclear question, civil war in Syria, and the Israeli-Palestinian conflict. He can count on the help of John Kerry, who recently replaced Hillary Clinton as secretary of state.

Cairn.info : www.cairn.info/revue-politique-etrangere-2013-2-page-41.htm

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Publié dans Défense & sécurité, Diplomatie, géostratégie, Proche Orient
2 comments on “Diplomatie américaine : comprendre les choix d’Obama II (publication)
  1. CLERC Christian dit :

    J’ai vivement apprécié votre article du dernier numéro de la revue Politique etrangere. Votre vision claire,précise et globale permet d’appréhender aisément un écheveau particulièrement complexe.En 12 pages, c’était un défi que vous avez brillamment réussi. Merci beaucoup. Cette lecture m’a permis en outre de connaître l’existence de votre blog, et ce n’est pas le moindre de ses avantages. Bien cordialement

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    • Stratpolitix dit :

      Monsieur,
      Je suis extrêmement touché par votre très élogieux commentaire autant que j’en apprécie la qualité formelle et l’acuité. Vous avez en effet cerné avec perspicacité la principale difficulté que j’ai rencontrée dans la rédaction de cet article. D’autres publications devraient suivre (dans des revues et sur mon blog), mais je préfère me laisser le temps d’analyser à froid les événements, sans m’empresser, afin de mieux déceler les lignes de forces et dynamiques qui s’inscrivent dans une certaine durée et une perspective plus large. Merci pour l’intérêt que vous portez à mes écrits. Bien cordialement.

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