Relations Chine-États-Unis : l’ambiguité cordiale

Le secrétaire d'État américain John Kerry et  le ministre des affaires étrangères chinois, Wang Yi à Pékin le 13 avril 2013 (photo @Pool/AFP Yohsuke Mizuno)

Le secrétaire d’État américain John Kerry et le ministre des Affaires étrangères chinois, Wang Yi à Pékin, le 13 avril 2013 (photo : @Pool/AFP Yohsuke Mizuno)

Remédier au « déséquilibre géographique »

Les diplomaties américaine et chinoise se rapprochent. Au-delà des provocations du régime nord-coréen, principal motif de la visite du secrétaire d’Etat John Kerry en République populaire de Chine le 13 avril dernier, des projets à plus long terme se dessinent et ne lèvent pas les inquiétudes et les soupçons des deux côtés. Manifestement, l’Amérique cherche à mieux appréhender la complexe évolution de ce rival économique dont elle peine à saisir les conceptions et intentions politiques. Au premier abord, la rapide modernisation de l’armée chinoise et le regain de nationalisme que connaît ce pays le font apparaître comme un compétiteur menaçant son leadership régional (en Asie-Pacifique) et mondial. Cette menace est-elle virtuelle ou concrète, proche ou lointaine ? L’un dans l’autre, la perspective américaine reste inchangée dans la mesure où, indifféremment de la proximité et du degré de tangibilité de ladite menace, la perception d’une faible appropriation de la question chinoise suffit à amplifier ipso facto le doute des citoyens américains sur la sauvegarde de leurs intérêts nationaux à l’étranger. L’enjeu psychologique est d’importance. Deux précautions valent mieux qu’une. Washington sait qu’il lui faut aller plus loin qu’un accompagnement de l’essor des pays émergents, et de la Chine au premier chef. Sa diplomatie prend donc les devants, résolue à se positionner activement dans la région. Afin de rassurer le peuple américain et leurs principaux partenaires régionaux (le Japon, la Corée du Sud et l’Australie), Washington et le Pentagone ont décidé de déployer davantage de forces militaires dans le Sud-est asiatique comme le président Obama l’avait annoncé dans son discours prononcé devant le Parlement australien, à Canberra, en novembre 2011. Son administration reconnaît que le déséquilibre dans l’orientation et la projection de la puissance américaine dans le monde n’a que trop duré. Même si le conseiller à la sécurité nationale du président Obama, Tom Donilon, affirme à l’envi, comme lors de son discours à l’Asia Society de New York, qu’il ne faut d’aucune manière chercher à y voir une volonté de containment (endiguement) de la Chine, la décision américaine de rééquilibrage vers l’Asie, plus connue sous le nom de « pivot» et l’adoption d’une stratégie périphérique constituent déjà en soi un aveu de l’inquiétude suscitée par la puissance de l’Empire du Milieu. Bon gré mal gré, l’Amérique se met, comme l’Europe, à l’heure chinoise.

La Chine vue par l’Amérique : une « sinophobie » en gestation ?

La paranoïa et la sinophobie ne se sont pas encore emparées de l’Amérique, ou n’en sont, à tout le moins, qu’à leurs débuts. L’administration Obama anticipe l’évolution de l’opinion publique, car faire preuve d’immobilisme, c’est laisser à la droite américaine la possibilité d’amplifier artificiellement, bien plus que par le passé, la menace chinoise à des fins politiciennes pour illustrer « l’échec » des démocrates « responsables du déclin de l’économie américaine ». Il est vrai que la population américaine a tendance à surestimer le niveau de richesse et d’offensivité de la Chine (la paupérisation de la classe moyenne consécutive à la crise n’est pas étrangère à cette perception), et à rejeter inconsciemment et sans réel fondement la responsabilité de la récession occidentale sur cet émergent. Les résultats des derniers sondages du Carnegie Endowment en partenariat avec le Pew Research Center expriment cette tendance : en 2012, les taux d’opinions favorables et défavorables des Américains vis-à-vis de la Chine ont été respectivement de l’ordre de 41% contre 40% . Les opinions favorables ont chuté de 10 points entre 2011 et 2012, indiquant une nette dégradation de l’image de la Chine ou un sentiment général de plus en plus mitigé chez les citoyens et les dirigeants (que traduisent, par ailleurs, les hésitations et les atermoiements de la diplomatie américaine). À la question du sondage « quel pays représente le plus grand danger pour l’Amérique ? » (sans préciser la nature dudit danger) la Chine prend largement la tête du peloton constitué de cinq pays (l’Iran, la Corée du Nord, l’Irak, l’Afghanistan, la Russie). Elle détrône l’Iran en 2011 et 2012 (pays qui occupait la première place de 2006 à 2009). La Russie occupe la dernière place du classement des adversaires les plus menaçants pour l’Amérique (avec un unique pic spectaculaire observé en 2008, coïncidant vraisemblablement avec l’offensive estivale russe contre la Géorgie et la période de grande tension subséquente avec Washington). Par la suite, le déclassement de la Russie dans ce panel se confirme jusqu’en 2012.

La ligne chinoise : prudence et prémunition

Officiellement, Washington s’assigne comme mission de « maintenir un environnement de sécurité stable ancré dans l’ouverture économique, la résolution pacifique des différends et le respect des droits et libertés universels» (dixit T. Donilon). Le dernier point est une allusion évidente à la Chine et à la Corée du Nord. La question des droits de l’homme et des libertés fondamentales est un levier que l’Amérique utilise communément pour gêner la Chine (au même titre que les griefs relatifs à la sécurité régionale et aux attaques informatiques chinoises, relevant de la guerre télaire, contre lesquelles le président Obama met en garde Pékin). À ce jour, la rivalité économique et les divergences d’ordre juridico-moral (sur les critères démocratiques) ne se sont pas transmuées en adversité politico-militaire. De son côté, la République populaire de Chine n’affiche pas d’hostilité caractérisée à l’égard de l’Amérique et sait se montrer neutre ou se distancier, quand c’est nécessaire, de certaines affaires du monde. Au sein du Conseil de Sécurité, Pékin s’est très rarement opposé aux décisions et résolutions américaines, et continue d’exercer son droit de veto avec parcimonie (six fois en un demi-siècle, bien loin des 82 vétos américains). Tout en affirmant son opposition aux sanctions contre l’Iran, Pékin s’est résigné, dès 2007, à ne pas opposer son veto pour éviter de s’attirer les foudres des pays occidentaux. Son dernier veto remonte à 2012, aux cotés de la Russie, contre le projet de résolution sur la Syrie, une décision motivée par son refus de violer la souveraineté syrienne. La Chine fait de la non-ingérence dans les affaires internes d’un pays une question de principe sur laquelle elle reste généralement intransigeante. Et pour cause, la Chine reproche déjà suffisamment aux Américains de chercher à se mêler de ses affaires internes qui devraient, selon elle, être réglées exclusivement en famille (entre Asiatiques).

De la difficulté de se défaire de ses vieux réflexes

L’ Amérique, pour sa part, ne se prive pas d’accuser régulièrement, et sans ambages, la Russie et la Chine de nombreux manquements et violations aux droits de l’homme, bien que cela ne pousse pas Washington à prendre des mesures punitives égales contre les deux, comme l’atteste la loi Magnitski promulguée en décembre 2012 contre dix-huit responsables moscovites présumément impliqués dans la mort en détention de l’avocat Sergeï Magnitski, et qui succède à l’abrogation de l’amendement Jackson-Vanik (relique de la guerre froide qui n’avait plus vraiment de raison d’être). Annuler purement et simplement l’amendement sans le remplacer par une autre mesure au moins aussi forte symboliquement, semble encore être au dessus des forces de certains membres du Congrès dont la russophobie persistante semble attendre la moindre occasion pour s’exprimer. Ce sentiment négatif et les représentations dépassées qui l’animent, sont vivaces. En tout état de cause, ce type de mesure hostile (liste Magnitski) représente une erreur de timing et une épine dans le pied de la Maison Blanche et du Département d’État à l’heure où l’entremise russe est patente dans de nombreux dossiers où sont impliqués les Américains (les négociations avec l’Iran, l’issue de la guerre en Syrie, la dénucléarisation de la Corée du Nord, l’exploration de l’Arctique etc.). L’ Amérique doit, par ailleurs, veiller à ne pas s’aliéner la Chine, acteur directement concerné par les développements dans la péninsule coréenne, garant de la stabilité des deux chaînes d’îles du pacifique, et acteur des négociations en cours au Proche-Orient et dans la Corne de l’Afrique. Force est de constater que le regain de pragmatisme de la Maison Blanche, sous l’impulsion de l’administration Obama, tranche encore avec ces vieux réflexes du siècle dernier. Le président et ses hommes doivent composer tant bien que mal avec l’absence de sensibilité internationale et de sens du réel de certains membres du Congrès qui se montrent souvent moins préoccupés par le parasitage qu’ils génèrent sur l’agenda diplomatique de Washington que par leurs activités de lobbying. Pour atténuer l’impact de cette mesure, la Maison Blanche a réduit la liste à dix-huit noms au lieu d’une centaine initialement, et a décidé de garder confidentielle une partie de la liste. Mais « le mal est fait », et la page de la politique du reset (« redémarrage ») semble bel et bien tournée.

Une image épargnée grâce aux intérêts mercantiles

Dans la culture et l’imagerie populaire américaine, la sinophobie ne parvient pas encore à supplanter et à reléguer au passé les reliquats de la russophobie. Dans l’inconscient collectif, la Russie n’a pas tout à fait perdu sa place d’ennemie intime, perpétuelle. Dans les films d’action post-guerre froide et post-11 septembre 2001, les Russes sont maintenus dans des rôles de vilains (« méchants ») qui puisent dans l’éclatement de leur empire des raisons d’être aigris, vindicatifs et violents. Il faut dire que le nombre d’ennemis capables d’inquiéter la nation américaine dans le cadre d’un conflit conventionnel est aujourd’hui extrêmement réduit voire nul. Il n’est pas fréquent que le méchant principal d’un film soit chinois, auquel cas les enjeux narratifs en présence sont rarement politiques. Dans les années 1980 et 90, les Chinois avaient droit à des archétypes caricaturaux, présents (et moqués) soit dans des « buddy movies », sous les traits risibles du restaurateur niais, du larbin débonnaire aux dents avancées; soit dans des polars ou films d’arts martiaux plus sombres, dans la peau de mafieux-tueurs des triades chinoises faisant régner leur loi dans les quartiers de Chinatown. Les rares films politiques et historiques, tels « Kundun » ou « Sept ans au Tibet », sortis en 1997, avaient suscité le colère du gouvernement chinois qui jugeait que ceux-ci donnaient des Chinois une image négative et brutale. Ces films n’ont pas su trouver le public américain, et leur portée psychologique est sans commune mesure avec la pléthore de films, historiques et séries B, diabolisant les Russes. Les plus récentes tentatives de caractérisation politique de la menace chinoise ont fait long feu. Il serait hâtif d’imputer cela à un manque d’imagination des scénaristes qui échoueraient à proposer des méchants de substitution aussi emblématiques que la figure, un rien anachronique, de l’officier soviétique, psychotique, à fort accent, reconverti dans le terrorisme international et menaçant l’Amérique d’une guerre clandestine thermonucléaire… Les scénaristes peuvent certes arguer que des Russes patriotes et nostalgiques de leur grandeur passée auraient des raisons historiques plus qu’évidentes d’en vouloir aux Américains, mais le motif principal qui pousse Hollywood à éviter délibérément de diaboliser les Chinois est beaucoup plus prosaïque et concret : aucun studio ou distributeur ne veut se risquer à perdre l’accès de sa production au très lucratif marché Chinois, second plus grand marché étranger pour les films américains. Hollywood est capable d’autocensure pour ne pas compromettre ses chances d’exporter ses films dont les Chinois sont friands. Le dernier exemple le plus éloquent est celui du remake de 2012 de « Red Dawn », thriller d’action-guerre froide sorti en 1984. Avant la sortie du remake en salles, celui-ci a été remonté et retouché numériquement pour effacer les désignations et symboles apparentés aux ennemis, initialement chinois dans le scénario, pour les remplacer par des Nord-Coréens.

Derrière les vœux de partenariat, une rivalité larvée

À la fin des années 1990, la Chine était déjà identifiée par l’administration de Bill Clinton comme son futur peer competitor (« rival de rang égal »), suivi de la Russie, à côté des rogue states (« États voyous ») rassemblant l’Irak, l’Iran, la Libye et la Corée du Nord, afin de justifier l’augmentation des dépenses militaires annuelles. « Voyous » ou « rivaux », cela ne change pas l’optique américaine quand il s’agit de justifier le maintien de sa suprématie militaire et une longueur d’avance sur les autres nations. Le rival chinois a aujourd’hui un potentiel de croissance autrement plus inquiétant que tous les pays précédemment cités. Washington n’est pas sans savoir que l’influence de la Chine dans sa sphère d’influence traditionnelle est difficilement détrônable mais pas impossible à concurrencer et à gêner lorsque l’occasion se présente. La volonté de partenariat affichée entre les deux premières puissances mondiales lors de la visite de J. Kerry, dissimule à peine la méfiance et les craintes que les deux nations s’inspirent mutuellement. Si B. Obama et J. Kerry semblent vouloir aller dans le sens d’une coopération multidimensionnelle (dans des domaines aussi variés que la contre-piraterie informatique et maritime, la lutte antiterroriste, le climat, l’énergie, la gestion des crises, des risques naturels et des sinistres etc.), les signaux géopolitiques envoyés sont un peu plus brouillés. Le partenariat sino-américain – s’il parvient à progresser et à être constructif – reste néanmoins vulnérable car la République populaire de Chine n’a pas encore confiance en Washington et reste sur ses gardes. L’accumulation de querelles, de provocations et de heurts autour de l’appartenance de plusieurs territoires archipélagiques en Mer de Chine méridionale, ainsi que les multiples revendications indépendantistes/séparatistes à l’intérieur et à l’extérieur de son territoire, ont exacerbé son complexe obsidional, donc son sentiment nationaliste et la posture particulièrement défensive qui lui sied. Sa réussite économique a certes aidé à l’acceptation (et à la consolidation) de la « politique d’une seule Chine », principe auquel ont adhéré de nombreux pays de sa périphérie et dans le monde, désireux de prendre part à la success story de la Chine continentale. Néanmoins, le statu quo sino-taiwanais, les disputes territoriales avec le Japon (concernant les îles Senkaku/Diaoyu) et avec les nouveaux Tigres asiatiques (autour des îles Spratleys et Paracel), le traitement des minorités ethniques tibétaines et ouïghoures, sont autant de pommes de discorde desquelles l’Amérique essaye de tirer avantage. L’action américaine est perçue comme suspecte et inamicale par Pékin, même si le gouvernement chinois tente pour l’instant de ne pas trop le laisser paraître. Cette relation délicate pourrait voir passes d’armes et incidents se multiplier à mesure que la Chine se posera – comme la plupart des analyses prospectives le soulignent – en puissance politico-militaire non seulement régionale, mais aussi de plus en plus globale, et que ses capacités navales renforcées seront amenées à être projetées d’ici cinq ou dix ans hors de leur espace naturel, en Asie centrale, en Afrique ou en Méditerranée notamment.

Rééquilibrage ou encerclement ?

Les pays d’Asie du Sud-Est, en particulier les nouveaux Tigres, cherchent autant à préserver leurs relations avec Beijing qu’à se rapprocher de Washington. Ce grand écart pourrait avoir pour effet d’exacerber la rivalité entre les deux puissances. Le renforcement des alliances à la périphérie de la Chine est susceptible d’enhardir certains petit États qui oscillent historiquement entre position atlantiste et pro-chinoise au gré des changements de régimes, comme l’Indonésie, les Philippines, la Malaisie et le Vietnam. Chacun semble vouloir concilier ses deux alliances afin de conserver les avantages qu’elles lui confèrent, tout en affirmant davantage sa liberté, sa souveraineté et son désir de contrebalancer l’insolente domination chinoise. La Thaïlande, par exemple, dont le commerce extérieur et les investissements étrangers étaient longtemps dominés par la triade (Japon, USA et Europe) a été poussée à un recentrage par la conjoncture (la crise des subprimes) en se rapprochant de Pékin. La Chine est d’ailleurs en passe de devenir son premier partenaire commercial. Mais aucune tendance n’est figée ou irréversible. Cela dit, quand bien même les Tigres répondraient à l’unisson aux sirènes de Washington, aucun d’eux ne voudrait (et ne pourrait) se hasarder à trop s’éloigner et encore moins à rompre avec la puissante Chine – qui représente objectivement, sinon le premier, tout au moins un incontournable partenaire commercial. Chaque petit pays entrevoit surtout dans le rapprochement stratégique avec Washington un moyen plus sûr d’établir peu à peu un rapport d’égalité dans ses discussions avec Pékin. L’ Amérique se sert des événements (et des sursauts nationalistes) pour continuer de définir sa ligne vis-à-vis de la Chine. Pour ce faire, elle commence par pratiquer une politique intrusive – qui n’est pas sans rappeler les tentatives d’immixtion de l’OTAN dans « l’hinterland caucasien » de la Russie et les vives tensions autour du projet de bouclier antimissile à ses portes -, par instrumentaliser les dissensions asiatiques et nouer des alliances qui encercleront et contiendront la progression chinoise. Mais avant tout réaliste, l’Amérique d’Obama est consciente qu’elle doit, à l’heure actuelle, au regard de son économie convalescente, éviter toute situation pouvant aboutir à une confrontation directe. Elle préfère aller dans le sens d’une « coopération pour la sécurité régionale » qu’elle utilise comme un prétexte pour apporter un soutien diplomatique et militaire renforcé aux pays asiatiques qui acceptent de moins en moins de céder aux intimidations de la Chine dans sa zone méridionale, le Japon en tête, pays que T. Donilon décrit comme la « pierre angulaire de la sécurité et de la prospérité régionale ». L’Amérique appuie également les revendications vietnamiennes sur les îles Paracel. En juillet 2010, la position d’Hillary Clinton lors du forum de l’ASEAN avait ravivé les tensions sino-américaines. Plaidant pour un règlement multilatéral des questions de souveraineté maritime, celle-ci avait alors irrité Pékin en déclarant : « Les États-Unis ont un intérêt national dans la liberté de navigation, le libre accès aux espaces maritimes communs asiatiques, et le respect du droit international en mer de Chine du Sud ». Autre pied de nez, la marine américaine a effectué, depuis 2012, des manœuvres navales bilatérales avec les Philippines et le Vietnam. Ces deux pays, à l’instar de Taïwan, de la Malaisie et du sultanat de Brunei, se disputent avec la Chine la souveraineté des îlots Spratleys riches en gaz, pétrole et en ressources halieutiques. Tous revendiquent une partie de ces territoires de 500 km2 autour desquels transite un tiers du trafic maritime mondial. La militarisation croissante de ce périmètre au centre des convoitises le rend propice aux escarmouches, et les risques d’éclatement de conflits de plus grande intensité y sont particulièrement élevés.

La marotte des droits de l’homme, l‘autre arme de Washington

Au regard de ce contexte géographique qui ne manque pas de points chauds mais également d’opportunités, il n’est pas étonnant que Washington ait annoncé que 60% de sa flotte navale sera basée dans les eaux (de plus en plus troubles) du Pacifique d’ici 2020. Les querelles territoriales ne sont pas le seul point de rupture potentiel; la relation Chine-USA est et sera d’autant plus compliquée à réchauffer et à stabiliser durablement que Washington ne dissocie pas les questions relatives aux droits de l’homme de sa politique économique et sécuritaire. La Chine a beau représenter un partenaire économique majeur pour l’Amérique (elle détient 1 200 milliards de dollars, soit l’équivalent de 846 milliards d’euros, de bons du Trésor américain), faire partie de l’OMC depuis 2001 et être la première puissance commerciale depuis 2012, ses lacunes et son retard en matière de mise aux normes internationales dans le domaine des droits de l’homme permettent aux Américains de nourrir, comme ils le font vis-à-vis des Russes, un « antagonisme idéologique et moral » arboré comme une marque distinctive, susceptible, s’il est exacerbé, d’affecter l’image et l’attractivité de la Chine en dépit de ses grands efforts consentis en matière de diplomatie publique et d’information depuis une décennie. Le face à face sino-américain se poursuit donc dans le champ des valeurs humaines. Le rapport annuel mondial sur les droits de l’homme du département d’État américain, présenté moins d’une semaine après la visite de J.Kerry en Chine, pointe du doigt une « dégradation du climat des droits de l’homme dans le pays en 2012 ». Le DOS accuse, entre autres, la Chine de mener une « sévère répression des libertés à l’encontre de militants des droits de l’homme, et de groupes ethniques tibétains (dans la région autonome du Tibet) et ouïghours (dans la région autonome du Xinjiang). Le Département d’État accuse la police chinoise d’arrestations arbitraires, de tortures et d’autres actes de cruauté à l’encontre des opposants au régime.

Modernisation des forces armées chinoises : une puissance « pacifique » dans le Pacifique

Infographie : comparaison des budgets de défense annuels entre la Chine, les États-Unis et d’autres pays (cliquer pour agrandir). L’infographie intégrale est disponible sur le site web du magazine « US-China Today » consacré aux relations USA-Chine, et conçu par des étudiants de l’Université de Californie du Sud. Pour avoir accès à l’infographie ainsi qu’à d’autres informations, cliquer sur ce lien : http://www.uschina.usc.edu/w_usci/showarticle.aspx?articleID=17718&AspxAutoDetectCookieSupport=1

Le dernier livre blanc de la défense chinoise intitulé « Forces armées chinoises : une utilisation diversifiée » a été publié le 16 avril dernier, coïncidant avec la fin de la tournée asiatique de J. Kerry. Officiellement, ce rapport constitue selon les autorités chinoises “un acte de transparence afin de démontrer la volonté nationale [chinoise] de contribuer au développement de la paix”. Effectivement, à travers cette huitième édition du document, la Chine fait preuve d’une transparence inédite sur ses forces armées et ses arsenaux nucléaires. Il est permis de considérer cette décision comme le reflet d’une volonté de la RPC de s’affirmer désormais comme une puissance militaire respectable et apte au dialogue sur les affaires sécuritaires internationales, et non plus exclusivement une puissance mercantiliste, à l’heure où les États-Unis inaugurent leur pivot en profitant des menaces de la Corée du Nord contre le Japon et la Corée du Sud (l’armée de Kim Jong-Un ayant récemment déployé sur sa côte orientale deux missiles « Musudan », dont la portée théorique de 4 000 km pourrait atteindre ses deux principaux ennemis). La lecture du livre blanc met en évidence le contraste entre, d’une part, une Chine voulant rassurer les Européens et Washington sur la sincérité de sa démarche de lutte contre la prolifération nucléaire et balistique qu’elle a entreprise depuis 2006 (ceci, dans l’espoir d’inciter à la levée de l’embargo européen sur la vente d’armes à son endroit); et d’autre part, une Chine fière et plus intimidante, montrant ses muscles, dont le budget annuel de défense, en constante augmentation depuis vingt ans, est désormais le deuxième du monde (avec un total de 114,3 milliards de dollars prévus en 2013, soit à peu près six fois moins que les 673 milliards des États-Unis). À titre indicatif, l’enveloppe actuelle de la défense française est de 31,4 milliards d’euros. Quant au budget de l’État français (350 milliards d’euros), celui-ci est à peu près deux fois inférieur au budget défense américain.

Pacifique mais plus que jamais alerte

La République populaire de Chine dévoile ses capacités ASBM (missiles balistiques antinavires) et nucléaires, tout en s’engageant formellement à exclure une frappe en premier (le respect du « no first use« . La démonstration de force à laquelle se livre la RPC reste sobre, mais concrète. Elle fait savoir qu’elle n’est pas dupe des intentions de l’Amérique qui accélère sa livraison d’armes de pointe à Taïwan (depuis l’adoption du Taïwan Relations Act en 1979). Le retour en force de l’Amérique est évoqué par ces mots extraits du livre blanc chinois : « certains pays ont renforcé leur alliance stratégique dans la région et augmenté leur présence militaire ». Le nouveau président chinois, Xi Jinping veut résolument faire de la défense et de la sécurité une priorité mais sans pour autant afficher de volonté impérialiste ou expansionniste comme on peut parfois le lire. La Chine montre dans ce document qu’elle a bien décodé le message des Américains, à savoir que le pivot est pensé pour se décliner principalement en un ensemble de mesures et de dispositifs militaires renforcés, en appoint des bases américaines déjà solidement installées dans le Pacifique (Guam et Okinawa). La Chine considère le renforcement de la présence navale américaine comme une manière de la narguer en empiétant sur sa zone économique exclusive, de l’espionner tout en attisant ses tensions avec son voisinage. La présence de deux voire trois grandes puissances surarmées dans cette espace où les tensions et justifications belliqueuses ne manquent guère est effectivement propice à l’augmentation des points de friction. Le livre blanc met en exergue les progrès qualitatifs significatifs obtenus depuis que la Chine a amorcé sa RAM (Révolution dans les affaires militaires), reflétant la rationalité de ses stratèges qui fondent leurs choix sur la nécessité d’anticiper les diverses menaces reposant sur ce que Pékin nomme communément « les trois forces » : le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme. Bien qu’elle soit encline à montrer les dents quand elle entend le mot séparatisme, la Chine souhaite se forger avant tout une image de puissance pacifique (et pacifiante) et recense fièrement dans son livre blanc toutes les opérations humanitaires ou de maintien de la paix auxquelles ses soldats ont participé en Asie et au Moyen-Orient (Irak). Loin de se lancer dans des dépenses somptuaires, et fidèle à sa tradition philosophique antique, la Chine s’équipe et adapte ses capacités en misant sur une approche asymétrique (« du faible au fort ») qui intègre principalement les vulnérabilités qu’elle a identifiées depuis de nombreuses années chez ses voisins. Le ciblage se veut judicieux et part du constat que les technologies américaines et japonaises sont de loin supérieures aux siennes. Les moyens dissuasifs sur lesquels la Chine met l’accent sont en phase avec ses propres limites et avec les contraintes du théâtre où ses forces opèrent prioritairement. Celles-ci concourent à la réalisation d’un objectif de protection accrue de son intégrité territoriale et de ses approches maritimes. Seule une « Chine puissance maritime » reconnue et redoutée pourra en assurer la pleine réussite et la pérennité, même si, dans l’immédiat, les stratégies mises en œuvre par la RPC, en dépit de son bond technologique avéré, ne diffèrent pas, dans leur principe, de celles privilégiées par des pays militairement et technologiquement beaucoup moins avancés qu’elle, comme l’Iran et la Corée du Nord. Ces deux pays tentent de compenser leur infériorité technologique face à l’ennemi par leurs missiles balistiques et de croisière, sol-air et et sol-mer, couplés aux méthodes de guerre psychologique.

Une stratégie d’interdiction d’accès affûtée

Carte indiquant les catégories et le nombre d’unités navales majeures de la marine chinoise et leur localisation au nord et sud-est. Source : rapport du Congrès américain « Military and Security Developments Involving the People’s Republic of China 2012« , p.31

Malgré sa montée en puissance, la marine de guerre chinoise ne peut, pour l’heure, véritablement prétendre rivaliser avec la flotte nippone (qui occupe la 4ème place mondiale) composée d’une centaine de navires de guerre, y inclus des destroyers lance-missiles dotés du système de radar ultramoderne Aegis. La Chine ne dispose pas encore d’un groupe aéronaval performant et son premier porte-avion de production indigène, en construction, ne sera pas prêt avant 2015. Le modèle d’armée que souhaite bâtir la Chine s’appuie sur des principes et domaines caractéristiques du paradigme de la guerre défensive : le anti-access/area denial (A2/AD) et le Missile defense (systèmes de détection, traque, interception et destruction des missiles ennemis) qui en est l’épine dorsale. Ses investissements doivent également contribuer à l’amélioration de l’interopérabilité entre les armes et la modernisation de l’ensemble de ses systèmes de coordination des opérations de type C4ISR (Command, Control, Computers, Communications, Intelligence, Surveillance, and Reconnaissance). L' »anti-access« , comme son nom l’indique, a vocation à interdire, gêner ou retarder l’accès des approches terrestres, maritimes ou aériennes par des tactiques de diversion, de déception, de camouflage et de saturation de l’espace. La configuration de la zone Pacifique est particulièrement adaptée à cette stratégie car les foyers de tension que la Chine peut allumer autour de son territoire pour ralentir les manœuvres, désorganiser et disperser les moyens de l’adversaire, sont nombreux. C’est sur des éléments analogues que l’Iran planifie sa stratégie anti-accès dans le détroit d’Ormuz en cas d’attaque contre son territoire. Dans sa course à la défense antimissile, la Chine avait procédé, en janvier 2007, à un essai – réussi – de missile antisatellite et, en 2010, le développement d’un système de missiles balistiques antinavires (ASBM) avait été signalé. Pékin fait également mention dans son document de ses missiles nucléaires qui dépendent directement de son Second corps d’artillerie. La stratégie nucléaire d’autodéfense de Pékin sert à entretenir la dissuasion face aux velléités de Taipei (en prévision d’une éventuelle déclaration d’indépendance soutenue par Washington).

Un premier test pour voir plus loin que la rivalité hégémonique

La gestion de la menace nord-coréenne est un premier ballon d’essai aux allures d’écran de fumée bien utile pour les États-Unis et la Chine, l’un amplifiant virtuellement la gravité de la situation alors qu’il a l’habitude, depuis 2003, de voir le régime de Pyongyang gesticuler et marchander, sortir du TNP, installer ses lanceurs de missiles avant de se rétracter en échange de quelques allègements de sanctions. L’autre se maintenant dans une posture (toute chinoise) de sage et d’indécrottable « promoteur de la non-prolifération », s’employant à dissuader son ubuesque voisin communiste de commettre une erreur irréparable. Derrière ce remue-ménage diplomatique, le véritable enjeu et défi pour les États-Unis est, d’une part, de bien marquer leur retour (« nous [les États-Unis] sommes de retour et nous allons rester ! », avait déclaré Hillary Clinton en 2010 au forum de l’ASEAN, résumant fort bien la détermination de l’Amérique à maintenir sa présence et affermir ses liens avec ses pays membres); et d’autre part, de trouver la bonne tonalité et méthode avec Pékin pour bâtir un modèle de relation viable qui servira de balise aux relations futures de l’Amérique avec d’autres puissances émergentes. Bien que les tendances observées et les indicateurs laissent supposer que la région s’apprête à entrer dans une ère de « surenchère des intimidations », les Chinois ne sont certainement pas pressés d’en découdre avec Washington, et l’inverse est aussi vrai. Par ailleurs, leurs positions n’entrent pas systématiquement en contradiction avec le point de vue américain sur les problématiques régionales. Pékin a lui-même critiqué les essais nucléaires de Pyongyang, s’alignant ainsi parfaitement sur son rival même si cela ne le conduit pas pour autant, d’un autre côté, à désavouer l’Iran et à l’isoler. Le contenu du livre blanc montre une Chine certes sur la défensive, mais qui ne veut pour autant donner l’image d’une puissance belliciste, anti-américaine et anti-occidentale. Ce document réitère certains points qui recueillent le consensus sino-atlantique et rappelle la volonté de partenariat qui unit, en dépit de nombreux différends, Pékin aux autres pays de la région. Un scénario de guerre régionale n’est pas impossible à envisager mais serait absolument désastreux, d’autant que les bénéfices pour les uns et les autres seraient bien moindres (ou quasi nuls) en comparaison des incommensurables pertes communes engendrées. La relation tumultueuse mais solidement maintenue entre la Chine et le Japon est peut-être la meilleure illustration de ce qu’est la realpolitik au XXIème siècle. Leurs économies sont interconnectées, rendant une guerre plus que préjudiciable pour chacun : la Chine demeure le premier fournisseur et client du Japon (19% des exportations nippones vont vers la Chine contre moitié moins à l’inverse) et un immense atelier d’assemblage de nombreux matériaux et composants (notamment électroniques) provenant du Japon, de la Corée du Sud et des États-Unis. Les échanges commerciaux entre les trois plus grandes économies asiatiques (Chine, Japon et Corée du Sud) pèsent à elles seules près de 20% du PIB mondial. Toutes les transformations entreprises par Pékin dans le domaine militaire n’ont pas pour unique moteur (et référence) l’atteinte des hauts standards qualitatifs de l’armée américaine. La Chine n’est pas dans une démarche de pâle imitation des modèles occidentaux, et la valorisation de ses forces ne répond pas exclusivement à la montée en puissance de la coalition asiatico-atlantiste. Pékin a, en effet, tout intérêt à poursuivre la modernisation de ses forces armées pour faire également face à l’émergence d’autres géants régionaux comme la Russie (grand allié mais aussi compétiteur) et l’Inde, dont les régions frontalières septentrionales du Ladakh et de l’Arunachal Pradesh sont disputées par Pékin depuis 1962.

« Ni amour ni haine », clé d’un partenariat sino-américain stable ?

Depuis 1972, Pékin et Washington sont devenus des partenaires rivaux, et ce statut a toutes les chances de rester pérenne. Les deux pays ont suffisamment d’intérêts économiques communs pour être des partenaires, mais pas assez d’affinités politiques (« démocratiques »), culturelles et stratégiques pour être de grands alliés. La Chine, sans être aussi « infréquentable » (communiste) que par le passé, n’en est pas pour autant libérale. Enfin, les désaccords stratégiques entre les deux pays, quoique prononcés, ne sont, à ce stade, pas assez aigus pour conduire à la rupture et les faire passer de rivaux à ennemis patentés. L’ Amérique ne peut souhaiter raisonnablement le déclin de son troisième partenaire commercial et premier créancier qui met, par ses importantes réserves de change en dollars, le billet vert à l’abri de l’effondrement. Entre rejet, fascination réciproque et interdépendance, les deux sont condamnés à s’entendre afin d’œuvrer au règlement de nombreux problèmes régionaux et internationaux où leurs intérêts sont en jeu. La détérioration des relations entre l’Amérique et la Russie – qui ne va certainement pas aider à rapprocher leurs points de vue sur le conflit syrien et sur l’Iran – est une erreur à ne pas reproduire avec la Chine. Le succès du partenariat sino-américain sera tributaire de l’aptitude de ces deux puissances à se partager l’influence et à dépasser leurs antagonismes dans un espace où leurs visions, méthodes et intérêts se heurtent certes, et se heurteront sans doute souvent, à mesure que la Chine développera ses capacités, mais ne rendent pas moins nécessaires des échanges et une coopération d’égal à égal, dénués de toute espèce de dissymétrie, pour relever des défis face auxquels l’Europe, à bout de souffle, montre clairement ses limites. Le concours d’une Chine forte et responsable aux côtés des États-Unis lui est indispensable. La politique étrangère américaine devra procéder, tout au long de cette nouvelle ère de coopération, à une révision des théories « kennaniennes » dans lesquelles Obama a puisé l’essentiel de sa stratégie asiatique. Bien que l’administration Obama rejette à ce jour l’idée de formation d’un monde multipolaire a fortiori d’un duopole (un « G2 ») et préfère promouvoir celle d’un partenariat multilatéral (où l’Amérique conserve, de préférence, son leadership), elle doit lutter contre certains automatismes sous peine de faire fausse route dans la manière d’aborder Pékin. Comment se positionneront les États asiatiques « vassaux » entre les deux premières puissances ? Il s’agit sans doute d’une question centrale. Les implications des nouvelles coordinations trilatérale (USA-Japon-Corée du Sud) et multilatérale (USA-ASEAN) auront très probablement une incidence directe sur les relations diplomatiques des riverains de la Mer de Chine et donc sur la susceptibilité (et la posture) de Pékin. C’est autant par la consolidation de ses capacités de dissuasion et de projection que par l’influence croissante d’un « soft power » sui generis mâtiné de confucianisme, autrement dit, par le dosage équilibré entre autorité et attractivité, qu’est conditionné le rayonnement de la Chine en tant que « puissance pacifique et respectée » dans la région Asie-Pacifique et au delà. La guerre n’étant clairement pas une option, la modernisation rapide des armées chinoise et japonaise et la croissance des Tigres, placés sous le parapluie militaire américain, devrait logiquement conduire, d’une manière ou d’une autre, à une répartition plus équilibrée des forces dans cet espace maritime où les acteurs ne manquent ni d’esprit de compétition, ni d’idées, ni d’ambitions, ni, pour certains, de moyens de les réaliser. Les évolutions et comportements individuels et collectifs à venir de ces petits États constituent pour l’instant des inconnues qui, au fur et à mesure, délimiteront le cadre de la relation Chine-Amérique, sans toutefois la sortir de sitôt de son ambigüité.

Chady Hage-ali

Stratpolitix

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Publié dans Défense & sécurité, Diplomatie, géostratégie
One comment on “Relations Chine-États-Unis : l’ambiguité cordiale
  1. Flora dit :

    Bravo Chady,je le lirai ce soir à tête reposée,il me semble demander beaucoup de concentration pour quelqu’un comme moi,hors du domaine politique..mais je sais d’emblée que le mot « excellence » est le meilleur qualificatif pour tes écrits.
    Flora B-A

    J'aime

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